Saint-Augustin
AUGUSTIN, qui es-tu ? (d’après « Les Confessions »)
« Je suis né le 13 Novembre 354 à Thagaste, une ville de l’Afrique du Nord : aujourd’hui, Soukaras, en Algérie.
« Mon père s’appelle Patricius. Il est un modeste employé de la mairie de Thagaste. Il n’était pas chrétien mais ma mère a réussi à le gagner pour le Seigneur, lorsque lui était déjà au terme de sa vie. (Conf. IX, 9)
« Ma mère s’appelle Monique, elle était chrétienne. Elle avait un extérieur de femme, une foi d’homme, une assurance de vieillard, une tendresse de mère, une piété chrétienne. (Conf.IX, 4,8). Elle mit tout en œuvre pour gagner mon père à Dieu. D’ailleurs, elle supporta des outrages dans la maison sans jamais avoir avec lui à ce sujet la moindre brouille. (Conf.IX, 9, 19)
« J’avais seize ans quand mes études sont interrompues. On m’avait rappelé de Madaure, cette ville voisine où j’avais fait mon premier séjour hors de chez moi pour me former aux lettres et à l’art oratoire. (Conf.II, 3, 5)
’’Alors les ronces de la sensualité s’élevèrent au-dessus de ma tête et il n’y avait aucune main pour les arracher. (Conf. II, 3,6)
« Une année plus tard, grâce à un ami de la famille, je peux aller à Carthage pour faire mes études. Au jeune homme pauvre que j’étais, venu pour ses études dans une ville étrangère, il m’a donné une place dans sa maison, à ses propres frais et plus encore dans son cœur. Lorsque je perdis mon père il me consola de son amitié, m’encouragea de ses conseils et m’aida de sa fortune. (Cont.Acad. II, 3,3).
« Je n’aimais pas encore et j’aimais à aimer ; et par mon indigence plus profonde, je me haïssais d’être moins indigent. Je cherchais sur quoi porter mon amour. (Conf. III, 1, 1)
« J’étais ravi par le théâtre et ses spectacles remplis des images de notre misère.
« Aimer et être aimé, c’était plus doux pour moi... et j’en vins à me ruer dans l’amour où je désirais me prendre. Je me suis uni à une femme et j’ai vécu avec elle, tout heureux, près de 16 ans. Et j’ai eu avec elle un enfant : Adéodat. Malheureusement, il est décédé quand il avait 16 ans. (Conf. IV, 2, 2)
« J’étudiais les traités d’éloquence... Le livre de Cicéron changea mes sentiments en m’orientant vers le Seigneur... Mais une seule chose venait briser mon élan : le nom de Jésus n’était pas là. Ce nom de Sauveur, déjà dans le lait maternel même de ma mère, mon cœur d’enfant l’avait pieusement bu et je le gardais au fond de mon âme. (Conf. III, 4, 8).
Cela me fit décider d’appliquer mon esprit aux Saintes Ecritures et de voir ce qu’elles étaient. Elles étaient faites pour grandir avec les petits mais dédaigneusement, je refusais d’être petit. Et gonflé de morgue, je me voyais grand.
C’est pourquoi je suis tombé aux mains des Manichéens, hommes délirants de superbe.
Pendant près de neuf ans, je méprisais la religion que mes parents avaient implantée en moi dès mon enfance pour suivre ces hommes en disciple.
« Une fois mes études finies à Carthage, je suis rentré dans la maison de mes parents mais ma mère a refusé de vivre avec moi et d’avoir table commune, dans son aversion et son horreur pour les blasphèmes où me jetait mon horreur. (Conf. III, 11)
En ces années-là, dans les tous premiers temps de mon enseignement dans la ville où je suis né, je m’étais fait un ami. Nous avions grandi ensemble... Il est tombé malade... Durant mon absence, il est repris par la fièvre et meurt. Cette douleur enténébra mon cœur et partout je ne voyais que la mort...’’ (Conf. IV, 4)
« Et pourtant il n’était pas encore l’ami tel que le veut la véritable amitié. Car il n’y a pas de véritable amitié, si le Seigneur ne la cimente entre des êtres qui sont unis entre eux grâce à ’’la charité répandue dans nos cœurs par l’Esprit-Saint qui nous a été donné ’’. (Conf. IV, 4, 7)
« Vers Toi Seigneur, il fallait soulever mon âme pour la guérir. Je le savais mais ne voulais ni ne pouvais, d’autant plus que pour moi tu n’étais pas quelque chose de consistant et de ferme, quand je me faisais une idée de Toi. Car ce n’était pas Toi, Seigneur, mais un fantôme vain et mon erreur était mon Dieu. (Conf. IV, 7, 12)
« Et je me suis décidé d’aller à Rome et à enseigner là-bas de préférence ce que j’ai enseigné à Carthage. (Conf. V, 8, 14)
« Et puis en fait surgit en moi aussi la pensée qu’ils ont été plus prudents que les autres, les philosophes appelés Académiciens en estimant qu’il faut douter de tout, et en décrétant que l’homme ne peut rien saisir du vrai’’... (Conf. V, 10, 19)
Alors, je décidais qu’il fallait abandonner du moins les Manichéens (Conf.V, 14, 25)
« Et je vins à Milan, chez l’Evêque Ambroise : c’était un des hommes les plus éminents d’après la notoriété universelle... Et je me pris à l’aimer voyant d’abord en lui, non sans doute, le docteur d’une vérité que je n’attendais plus du tout de l’Eglise, mais un homme bienveillant envers moi. Et j’étais empressé à l’écouter dans ses explications au peuple, non que j’eusse l’intention que j’aurais dû avoir mais je sondais pour ainsi dire son éloquence, pour voir si elle était au niveau de sa renommée. (Conf. V, 13, 23).
« Et le Seigneur a frappé sans cesse la faiblesse de mon regard par la violence de ses rayons sur moi et j’ai tremblé d’horreur... Et j’ai entendu sa voix, comme on entend dans le cœur et il n’y avait absolument pas à douter. J’aurais plus facilement douté de ma vie que de l’existence de Dieu. (Conf. VII, 10, 16).
« Je retardais ma conversion vers le Seigneur, je différais de jour en jour de vivre dans le Seigneur et je ne différais pas de mourir à moi-même. Aimant la vie heureuse, je redoutais de la trouver où elle réside et c’est en fuyant loin d’elle que je la cherchais. (Conf. VI, 11, 20)
« Et l’on insistait sans se lasser pour me faire prendre une épouse. Déjà je faisais ma demande, déjà j’obtenais une promesse, grâce surtout aux efforts de ma mère ; elle espérait par là qu’une fois marié, je recevrais le baptême. Elle se réjouissait de m’y trouver chaque jour mieux disposé et voyait ses voeux et tes promesses s’accomplir pleinement dans ma foi. (Conf. VI, 13, 23). « _ Et je cherchais la voie, pour acquérir la vigueur qui me rendrait capable de jouir de Dieu. Je ne la trouvais pas tant que je n’avais pas embrassé le Médiateur entre Dieu et les hommes, l’Homme Jésus-Christ, qui est au-dessus de tout. Il appelle et Il dit :’’ Je suis la voie, la vérité, la vie’’. C’est que je n’étais pas assez humble, pour posséder Dieu, l’humble Jésus et je ne savais pas quel enseignement donne sa faiblesse. (Conf. VII, 18, 24)
« Je me saisis donc avec la plus grande avidité, des œuvres vénérables de la Sainte Ecriture et avant tout autre de celles de l’Apôtre Paul. (Conf. VII, 21, 27)
« Et j’y ai entendu l’appel du Seigneur : ’’Venez à moi vous qui peinez car je suis doux et humble de cœur’’. Ces choses me pénétraient jusqu’aux entrailles d’une manière surprenante, pendant que je lisais St Paul. (Conf. VII, 21, 27)
« Les paroles du Seigneur s’étaient fixées dans mes entrailles. J’étais certain de la vie éternelle. Tous mes doutes avaient été emportés mais du côté de la vie temporelle, tout branlait, il fallait purifier le cœur : attirante était la voie, le Christ lui-même. Mais passer par ses étroits défilés était encore rebutant. (Conf. VIII, 1-1)
« Et je disais en moi-même, intérieurement : ’’ C’est le moment, tout de suite, oui. Et sur ce mot, j’allais me décider à le faire. Déjà presque je le faisais, et non, je ne le faisais pas. (Conf. VIII, 11, 25)
« Et le Seigneur me criait : ’’ En toi-même, pourquoi te tiens-tu et ne te tiens-tu pas ? Jette-toi en moi sans aucune crainte. Je ne vais pas me dérober pour que tu tombes. Jette-toi, rassuré, je te recevrai et te guérirai.’’ (Conf. VIII, 11, 27)
« Il y avait un petit jardin à notre domicile.
C’est là que m’avait emporté le tumulte de mon cœur.
J’étais avec Alypius qui me suivait pas à pas.
Les larmes jaillirent à grands flots de mes yeux.
Et voici que j’entendis une voix, venant d’une maison voisine, on disait en chantant et l’on répétait fréquemment avec une voix comme celle d’un garçon ou d’une fille : ’’Prends, lis, prends, lis’’.
Je saisis le livre de Saint Paul, l’ouvris et lus en silence le premier chapitre où se jetèrent mes yeux : ’’Non pas de ripailles, ni de saoûleries, non pas d’impudicités, non pas de disputes et de jalousies ; mais revêtez-vous du Seigneur Jésus-Christ’’ (Col. 3, 1-5) (Conf. VIII, 12, 29)
Suite.. - Règle de Saint Augustin.
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Nos origines Bienheureuse Catherine de Saint Augustin Soeur sainte Monique Lhuillier |