Monastère Saint Yves

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Historique

Le vieux Saint-Yves

En 1635 les Religieuses Augustines Hospitalières de Dieppe avaient offert aux Autorités de venir s’installer à Rennes pour contribuer à la direction de l’Hôtel-Dieu Saint-Yves fondé en 1358 par la famille LE BOUTEILLER. Les pourparlers avaient traîné en longueur quand, fin 1643 début 1644, les difficultés s’étant aplanies, arrivèrent du couvent de Dieppe et de celui de Vannes sa filiale, six religieuses Augustines hospitalières, avec mission de fonder une Communauté pour se mettre au service de l’Hôtel-Dieu.

Reconstruit, remodelé, agrandi à plusieurs reprises depuis sa fondation, celui-ci pouvait déjà contenir 220 malades. Il formait alors, avec ses bâtiments et sa chapelle aujourd’hui restaurée, un quadrilatère d’environ 40 mètres de côté limité au sud par la Vilaine, au nord par la rue Saint-Yves et à l’est par une suite d’hôtels particuliers ayant au nord accès à la rue Saint-Yves et au sud à des jardins, cours et dépendances descendant vers la rivière.

Comme les Hôtels-Dieu primitifs, il assurait non seulement le soin des malades et l’assistance des mourants, mais aussi les œuvres de miséricorde que constituaient l’accueil des voyageurs sans abri, des pèlerins, des enfants abandonnés et le soulagement de toutes les formes de pauvreté.

Tout n’allait pas pour le mieux à l’hôpital. Il venait à peine de sortir de l’épidémie de peste qui n’avait cessé de sévir, à l’état endémique, de 1553 à 1640. La discipline intérieure s’était relâchée. Les chirurgiens témoignaient de peu de zèle au service des malades et l’établissement manquait de presque tout le matériel indispensable à son bon fonctionnement.

Rien n’avait été préparé pour recevoir les religieuses à leur arrivée. Elles se contentèrent d’abord de logements provisoires, mais parvinrent à s’installer en communauté, le 10 mai 1644, dans l’Hôtel de la Costardais, ancienne garde-robe des ducs de Bretagne.

Cet hôtel avoisinant l’hôpital consistait en trois corps de logis : l’un, sur le devant, joignant la rue Saint Yves, l’autre du côté est vers la maison des SAINT-PERN DE LIGOUYER avec une petite chapelle à l’extrémité vers midi, la cour entre les bâtiments et le jardin clos de murailles au bout vers la rivière. Quinze jours après leur installation, les religieuses reçurent trois postulantes. Elles étaient donc neuf quand le 27 juin la Communauté de ville leur confia officiellement la direction de l’hôpital.

Selon l’accord signé elles reconnaissaient que « toutes leurs fonctions étaient de soulager, servir et soigner les malades en qualité d’humbles servantes des membres de Notre Seigneur » et sans pouvoir prétendre à aucune part sur les fondations et legs donnés à l’Hôtel-Dieu ni a aucune contribution de la Communauté de ville pour les immeubles et meubles dont leur Communauté aurait besoin, elles avaient la charge, sous la suprême autorité des ecclésiastiques de la maison, de la marche intérieure de l’établissement. Elles maintenaient l’ordre parmi les malades, préparaient leur nourriture et appliquaient les prescriptions des médecins. Il leur était interdit de pouvoir recevoir ou expulser aucun pauvre. Elles avaient autorité sur les servants et servantes à gages mais devaient prendre, de préférence à toutes autres et à des conditions raisonnables, des filles de la ville comme servantes... et « pouvaient faute de se conformer à ces conditions être expulsées de l’hôpital, sans aucunes récompenses, aucuns dommages ou intérêts ».

Il fallait beaucoup de courage et d’abnégation pour souscrire à un tel contrat.

Pour faciliter leur arrivée, un Conseiller au Parlement leur donna une rente de 300 livres. Mais pour s’installer à l’Hôtel de la Costardais, qui leur avait été cédé au prix de 34000 livres, la Communauté ne disposait que de 12000 livres prêtées par Dieppe et 9000 livres finalement offertes par la ville ; il fallut emprunter le reste auprès des familles nobles ou religieuses de l’agglomération qui comptait environ 30000 habitants.

L’acquittement de ces dettes, le manque absolu des choses les plus indispensables, les fatigues de l’Hôtel-Dieu qui était dans le plus lamentable état qu’on puisse imaginer imposèrent aux religieuses une vie de privations qui abrégea les jours de plusieurs.

Le soir du 2 août 1645, il arriva même qu’il n’y avait plus à la dépense un seul morceau de pain pour les 12 religieuses qui constituaient la Communauté, quand, par miracle, se présenta à la porterie, envoyé par une Demoiselle qui envisageait de se faire religieuse, un cheval chargé de provisions de toutes sortes, de linge et de 100 écus d’argent.

« Assises sur les fagots de la cuisine, car les sièges leur faisaient défaut, elles se mettaient quelques morceaux réduits en braise dans un bassin pour se chauffer par les plus grands froids (ceci dura jusqu’en 1651) ; elles se nourrissaient de pain d’orge ou de seigle en très petite quantité, avec de maigres portions de gorges de vaches ou autres viandes semblables, gros comme le pouce, car on n’en dépensait que 60 livres par an ; les plus robustes en faisaient encore l’abandon aux nouvelles venues pour soutenir leur santé... »

A l’Hôtel-Dieu leurs fonctions étaient entravées par l’opposition des personnes qui soignaient les pauvres avant leur venue et qui, restées dans la maison, montaient les malades contre les religieuses parce qu’elles venaient de Dieppe... Elles se trouvaient en outre dans la plus affligeante disette de tout ce qui était nécessaire aux pauvres. Le linge n’était que guenilles..., les lits... remplis de vermine et autres ordures, de nature à soulever les cœurs les plus assurés ; sans parler de l’éclairage qui faisait cruellement défaut dans les salles où la nuit les malades se heurtaient à tout, si bien que, dès que la Communauté eut quelque argent, la Mère Supérieure demanda l’autorisation de faire placer à ses frais un réverbère dans chaque salle pour favoriser la nuit la surveillance des pauvres par la religieuse de garde.

Ce fut à grande peine que les premières religieuses finirent par mettre un peu d’ordre dans l’Hôpital et en même temps leur grande pauvreté les obligeait de travailler. Tout cela elles le firent sans jamais se départir de la régularité et de l’exactitude qu’elles mettaient à observer les moindres prescriptions de leur règle de vie, quittant leur ouvrage au premier son de cloche, animées qu’elles étaient de l’Amour de Dieu et du prochain qui les portait à s’acquitter de leurs obligations dans l’esprit de leurs Constitutions qui veut qu’elles joignent Marthe et Marie, l’action et la contemplation, le travail et la prière.

Très rude fut donc la vie et combien héroïques les privations de toutes sortes que les religieuses supportèrent, pendant des années, pour surmonter les difficultés de leur installation en Communauté et de leur prise de fonctions au service de l’Hôpital.

Néanmoins de 1648 à 1652, se présentèrent au Monastère 27 postulantes que n’effraya point une existence aussi austère et, dès 1655, alors que sa situation financière était loin d’être assurée, la Communauté envoya 8 religieuses pour fonder le monastère de l’hospice St-Nicolas de Vitré.

Au demeurant, la Communauté n’avait pas d’autres ressources que les dons qui lui étaient faits et les aides que voulaient bien lui apporter les religieuses entrées au Monastère avec leurs fortunes personnelles.

Ces ressources, la Communauté les consacrait aussi bien à ses propres besoins qu’à ceux de l’hôpital.

C’est ainsi qu’en 1644, avec l’autorisation de la Communauté de ville, les Augustines agrandirent à leur frais, au sud, un des pavillons de l’ancien hôtel de la Costardais et établirent sur la rue aux Juifs, une voûte qui mettait les bâtiments de l’hospice en communication avec la rivière et permettait d’établir un arrivoir pour les denrées. Parmi les postulantes entrées à la Communauté en 1649 se trouvait Marie PEPIN DU FRETAT qui devint Supérieure de janvier 1666 à janvier 1669 puis de 1672 à 1678. Elle était fort riche et consacra toute sa fortune à restaurer et agrandir les bâtiments de Saint-Yves. Déjà en 1665, elle avait contribué à acquérir, de Gabriel PEPIN DE SEVIGNE son frère et de Françoise DE SEGONVILLE son épouse, l’Hôtel d’Anjou attenant à celui de la Costardais. En 1668 elle acheta, de Gabriel de ST-PERN DE LIGOUYER, l’hôtel LIGOUYER joignant lui aussi celui de la Costardais. Puis en 1676, comme la chapelle ancienne de l’hôtel de la Costardais qui, seule jusque-là avait servi aux religieuses, ne pouvait plus suffire à cause du nombre considérable des demoiselles pensionnaires qui s’étaient réfugiées à la communauté lors des troubles occasionnés par la révolte du Papier Timbré, l’année précédente, elle finit par acquérir de Madame DE LA HURLAIS, avec l’autorisation de la ville, une petite maison qui séparait le logement des religieuses du pignon est de la chapelle, ce qui permit d’établir une galerie donnant accès pour les religieuses au chœur de la chapelle.

La reconstruction des premiers bâtiments du couvent et l’aménagement des immeubles nouvellement acquis fit un ensemble bien adapté au monastère, au noviciat et au pensionnat des jeunes filles dont les Augustines assuraient aussi l’instruction et l’éducation. Finalement, le complexe Hôpital, Communauté, Noviciat et Pensionnat s’étendit vers l’est jusqu’au couvent des Calvairiennes qui s’ouvrait au nord sur la place du Calvaire et occupait vers l’ouest, tout au long de la rue du Carthage, l’emplacement des cinémas actuels.

En 1674 la Communauté avait envoyé 4 religieuses à Fougères pour y fonder le monastère destiné à desservir l’hôpital.

Lors de l’incendie qui dura sept jours du 22 au 29 décembre 1720 et ravagea le centre ville mais épargna l’Hôtel-Dieu et la Communauté Saint-Yves, trois religieuses qui avaient refusé d’être évacuées étaient accablées de travaux, tant dans l’hôpital, qui était rempli de blessés et de brûlés, que dans la Communauté, qu’on était contraint de laisser ouverte, même la nuit, pour accélérer le transport de l’eau qu’on allait puiser à la rivière. Il fallait veiller à prévenir tout désordre et à se mettre en garde contre le pillage. Heureusement les autres religieuses évacuées revinrent bientôt rejoindre les trois religieuses presque épuisées.

Depuis la fondation de 1644 jusqu’à la Révolution, c’est-à-dire plus d’un siècle, le recrutement régulier permit de maintenir constamment environ une trentaine de religieuses au Monastère de Saint-Yves.

 Pendant la Révolution

Le 19 juin 1790 on leur signifia le décret qui interdisait l’admission de nouvelles recrues. Bientôt après intervint la confiscation de tous leurs biens. Et, comme on soupçonnait le Monastère de cacher des prêtres réfractaires à la Constitution Civile du Clergé, la Communauté subit fréquemment des perquisitions à l’improviste qui n’aboutirent du reste jamais à aucune découverte. Enfin, toutes les Augustines de Saint-Yves refusèrent sans hésitation de se soumettre au décret du 3 octobre 1793 qui obligeait les hospitalières comme les autres à prêter le serment schismatique. C’est alors que, le 19 avril 1794, elles furent toutes arrachées à leurs malades et incarcérées en trois groupes dans les différentes prisons de la ville. Vers la fin septembre elles furent réunies à l’asile de Saint-Méen qui était alors desservi par les sœurs hospitalières de Saint- Thomas de Villeneuve. Le 21 mars 1795 un ordre du gouvernement ayant mis fin à leur captivité, les Augustines se trouvèrent dispersées, quelques-unes au Monastère de Vitré, d’autres dans leurs familles et le reste se réunit ça et là par petits groupes. Cela dura 9 ans, jusqu’à ce que le 9 mars 1804, une bienfaitrice offrit au Préfet un don généreux pour l’Hôtel-Dieu à la condition que les Augustines y reprendraient leurs fonctions près des pauvres. Sa proposition fut acceptée. La Mère Supérieure rentra d’abord accompagnée seulement de six religieuses suivies en novembre de toutes les hospitalières résidant à Rennes, puis l’année suivante, de toutes les autres survivantes de l’ancienne Communauté.

 Après la Révolution

En 1806, les religieuses étaient autorisées à reprendre leur habit religieux et rouvraient leur noviciat. L’année suivante elles tentèrent de rouvrir leur pensionnat qui occupait une aile séparée attenant à l’hôpital. Mais l’administration de l’Hôtel-Dieu qui voulait ouvrir de nouvelles salles menaçait de prendre à cet effet une partie des bâtiments du Monastère.

Pour conserver leur vie indépendante et sauvegarder l’essentiel, les religieuses préférèrent sacrifier le pensionnat.

Pour autant, par la suite, l’administration ne cessa de chercher à s’emparer d’une partie au moins des bâtiments du Monastère car l’Hôtel-Dieu était devenu notoirement insuffisant pour la population. Amputé d’un nouvel alignement en vue de l’aménagement des quais de la Vilaine, cerné sur deux autres façades par des rues, il ne pouvait s’agrandir qu’aux dépens de la communauté, sans compter que, par suite de la confiscation de biens intervenus, le monastère restait réputé appartenir non plus aux religieuses mais à l’hospice.

En 1854, c’est la construction des quais de la Vilaine qui déclencha la décision de la Commission des hospices d’acquérir les vastes terrains de la Cochardière donnant sur la rue Saint-Malo pour y transférer l’Hôtel-Dieu et le monastère.

 L’Hôtel-Dieu

La réalisation des travaux demanda quatre ans et l’inauguration du nouveau complexe, appelé HOTEL-DIEU NAPOLEON III eut lieu en grande « pompe » le 21 novembre 1858. Le jour même les religieuses occupèrent leur nouvelle Communauté inachevée dont les frais de construction étaient mis à leur charge pour un tiers. Elles se mirent immédiatement au service des malades du nouvel Hôtel-Dieu construit pour 400 lits avec la possibilité de larges extensions.

Ce ne fut pas sans peines ni tâtonnements que la Communauté parvint à concilier le très lourd service du nouvel établissement avec les impératifs de régularité de la vie religieuse monastique selon la règle de Saint-Augustin.

1870... Dans les salles mises à la disposition de l’autorité militaire, les sœurs se dévouèrent tout particulièrement au chevet des soldats blessés ou malades souvent atteints de la variole.

Dès 1880, lors de l’expulsion des Carmes et des Récollets, la rumeur se répandit en ville que les Augustines allaient être renvoyées de l’Hôtel-Dieu : ce n’était qu’un faux bruit. Cependant, peu d’années après, alors que la Communauté manquait de recrutement et que l’hôpital ne cessait de s’agrandir avec un esprit de plus en plus laïque, pointait en même temps le besoin d’un hôpital pour la populeuse paroisse du faubourg St-Hélier.

Le dilemme se posa alors pour les Augustines : continuer le service de l’Hôtel-Dieu au risque de ne pouvoir l’assurer convenablement dans la ligne de la vocation du monastère ou bien l’abandonner pour s’investir dans le projet de l société de construction qui venait de se constituer pour édifier dans un vaste terrain attenant à l’église St-Hélier, l’hôpital si attendu dans le faubourg.

 Le nouveau Saint-Yves

Rapidement convaincues que leur vocation n’était plus d’assurer le service de l’Hôtel-Dieu, les religieuses s’accordèrent sans tarder avec la société de construction et prévinrent l’administration des hospices « qu’en novembre 1896 elle aurait à pourvoir ses services d’un autre personnel. » La Révérende Mère MAGDELEINE, assistante de la Communauté parfaitement au courant des besoins d’un hôpital moderne et d’un Monastère de religieuses consacrées à son service, fit procéder à l’élaboration des plans par M. MARTENOT, architecte de la ville. Utilisant au mieux la déclivité des terrains, celui-ci intégra parfaitement, vers l’arrière, avec le pavillon déjà existant de l’ancienne aumônerie, les bâtiments destinés à la Communauté, réservant le centre du terrain pour la chapelle et tout le quadrilatère d’entrée donnant à l’est vers la rue St-Hélier pour les pavillons de l’hôpital, le tout formant un ensemble très harmonieux parfaitement bien articulé et fonctionnel jusque dans les moindres détails.

Les constructions furent menées rapidement. Bâti et aménagé en premier, le monastère était inauguré le 20 novembre 1896, le jour même du départ des Augustines de l’Hôtel-Dieu. Un an après exactement à la même date s’ouvrait le premier pavillon de l’hôpital qui comprenait l’installation d’un service de femmes et la clinique, alors que la chapelle fut bénie solennellement et livrée au Culte le 2 février 1899 et que, à cette date, le pavillon de l’hôpital abritait déjà une trentaine de malades. Ainsi, en moins de trois ans, le monastère, le premier pavillon de l’hôpital avec sa clinique, et la chapelle avaient été menés à bien et fonctionnaient tout à fait au gré des religieuses, des malades et des docteurs.

Mais pour arriver à pareils résultats, que de difficultés n’avait-il pas fallu surmonter, combien de dons petits ou grands n’avait-il pas fallu susciter. Quelles lourdes charges financières avaient dû être endossées !

Peu de temps après l’achèvement de cette première tranche de construction, la Société de Secours aux blessés militaires qui n’avait pas encore de dispensaire à Rennes, mais voulait inaugurer des cours d’infirmières sollicita de les faire à Saint-Yves, invitant les hospitalières à les suivre et demandant en même temps pour ses propres élèves la permission de stages à l’hôpital, cependant qu’un accord liait la Société immobilière à la Société de Secours aux blessés militaires pour affecter l’établissement au Service Auxiliaire en cas de guerre. L’Association se fit tout simplement dès le temps de paix. Et non seulement les religieuses de St-Yves, mais celles de plusieurs autres Monastères d’Augustines vinrent, au cours des 15 ou 20 années suivantes, au nombre d’une quarantaine environ, obtenir à Rennes leur diplôme d’infirmière. Entre-temps, Saint-Yves s’était augmenté d’un nouveau pavillon avec l’installation d’un service d’hommes où étaient réservés, au rez-de-chaussée, des cabinets pour les spécialistes, les consultations et le dispensaire.

 Pendant les guerres

Saint-Yves fonctionnait ainsi en établissement chirurgico-médical depuis une bonne quinzaine d’années quand, le 2 août 1914 sonna le tocsin de la guerre qui fut aussi le signal de l’évacuation des malades. Dix jours plus tard, les 75 lits promis au Service de Santé attendaient les occupants. Cependant, avec l’afflux des nombreux blessés, le chiffre convenu de 75 lits militaires finit par s’élever à 160.

Saint-Yves était devenu Hôpital Auxiliaire 2, hôpital chirurgical de la Société de Secours aux blessés militaires. Son installation répondait bien à cette destination.

Durant 5 ans, les Augustines hospitalières purent continuer leur service habituel soignant les blessés militaires au lieu des opérés du temps de paix. Dans chaque service une infirmière de la Croix-Rouge prenait part au soin des hospitalisés. L’Econome Augustine qui avait gardé ses fonctions pourvoyait à tout pour satisfaire Docteurs, Blessés, Hospitalières.

Le bureau militaire était dirigé par deux administrateurs bénévoles, président et secrétaire trésorier de la société immobilière. MM. POCQUET DU HAUT JUSSE et DE LA BLANCHARDIERE ; avec à la tête du bureau, le Médecin- Chef, responsable pour le service de santé de tout l’établissement. Celui-ci n’était autre que le Docteur FERRAND qui depuis près de 20 ans avait déjà consacré au service de St-Yves ses talents de chirurgien particulièrement réputé et qui, en 1920, quelques jours après sa mort sera promu à la légion d’honneur, avec la citation : « Titres exceptionnels : dégagé d’obligations militaires, dès le 2 août 1914, assume l’important service de l’hôpital auxiliaire 2 à Rennes, de la société de secours aux blessés militaires, jusqu’à la fin des hostilités, avec beaucoup d’autorité et une inlassable activité, Chirurgien de grand talent, a rendu des services exceptionnels au service de Santé militaire ».

La sollicitude du Docteur FERRAND n’avait jamais cessé de s’étendre aux plus nécessiteux du quartier et la Municipalité a voulu commémorer son souvenir en donnant son nom à l’une des rues proches de St-Yves.

On ne peut séparer du Docteur FERRAND celui qui avait été son collaborateur à la fondation de l’établissement chirurgico-médical, son auxiliaire et son continuateur à l’hôpital auxiliaire 2 et l’ami de toute sa vie : le Docteur LAUTIER.

A la date de l’Armistice, près de 4000 blessés, dont 330 officiers avaient transité à l’hôpital auxiliaire 2 en 225000 Journées de présence. On avait eu à y déplorer 75 décès.

La communauté avait tenu là, comme au front, apportant aux blessés les soins médicaux mais aussi le réconfort moral et spirituel qu’ils attendaient.

Depuis l’Armistice, un pavillon était resté affecté aux militaires. Il fut libéré en 1919. Chaque service ayant été remis en état et réorganisé, St-Yves retrouva alors son fonctionnement normal sous la direction du Docteur AUGIER, de la Faculté catholique de Lille, lequel, se dépensa dans l’établissement durant une dizaine d’années assisté d’une équipe de docteurs particulièrement qualifiés chacun dans sa spécialité.

De 1919 à 1940, la clinique ne cessa de se moderniser et de s’améliorer en adoptant sans retard les progrès techniques particulièrement en ce qui concerne l’équipement de ses salles d’opérations chirurgicales. Le 17 juin 1940, bien que très endommagée elle-même, la clinique St-Yves, avec tout son personnel, ses religieuses et ses médecins, se dépensa sans compter pour secourir de son mieux le flot de blessés qui ne cessait de lui parvenir de la gare où le bombardement des avions allemands avait fait plus de 2000 morts par suite surtout des explosions d’un train de munitions dans lequel se trouvait notamment un wagon chargé de mélinite frappé de plein fouet par une bombe.

Encore endommagée ensuite lors des autres bombardements de Rennes, anglais ou américains, la clinique n’en continua pas moins, tant bien que mal, ses activités jusqu’à la fin de la guerre.

Le vote de la loi du 28 octobre 1946 sur les dommages de guerre lui permit de reconstruire ses bâtiments endommagés, mais il fallut attendre jusqu’en 1962 pour que les travaux reconstruction soient terminés et que la clinique reprenne normalement ses activités dans des bâtiments rénovés et réaménagés.

Le décret ministériel du 25 septembre 1978 confère à la Clinique Saint-Yves, établissement privé, l’autorisation de participer au Service Public Hospitalier.

Le 1er janvier 1979, après 83 ans de service médico-chirurgical, la clinique Saint-Yves devient Centre Régional de Nutrition et de Diététique, Médecine et Convalescence médicalisée avec le statut d’Etablissement Congréganiste participant au service public hospitalier. Le 9 octobre 1995, les 35 lits ce convalescence médicalisée sont transformés en lits de réadaptation cardio-vasculaire pour répondre à un besoin sur le plan régional.

Une histoire de 365 ans riche de dévouement auprès des « pauvres et des malades », animée par le même souffle Augustinien nous garde, à l’aube du troisième millénaire, tournées vers l’avenir « au service de tout l’homme et de tout homme » (Jean-Paul II).

Attentives aux aspirations de l’homme d’aujourd’hui dans sa recherche de sens, de fraternité, dans sa quête de Dieu, insérée dans l’Eglise diocésaine, en collaboration avec des laïcs, les sœurs Augustines de Saint-Yves proposent des formes variées de réponses, selon la spiritualité de Saint-Augustin.

La chapelle est ouverte à tous pour permettre la prière personnelle, la participation à l’Eucharistie et à l’office liturgique selon les heures de la journée.

La Communauté est heureuse d’accueillir pour un temps de ressourcement spirituel, une journée, une halte ou pour un temps de rencontre, de réflexion… seul ou en groupe.

Les sœurs proposent aux personnes qui souhaitent mettre leurs compétences au service des malades et des familles de se joindre aux équipes d’aumônerie, d’accompagnements, d’animations, de visites, de bibliothèque… L’hôtellerie accueille également un groupe d’étudiantes.

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